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Chez Pierre et Nicole Besse - Lagardelle sur Lèze

Echos du week-end d’étude de maraîcher-e-s du Luberon en novembre 2014


En quelques mots :
4 ha en propriété, mais seulement 5000 m² ou moins sont cultivés en maraîchage (en diminution constante : 4200 m² cette année) plus un tunnel, et 5000 m² de verger.
Maraîchage diversifié en AMAP.
Planches permanentes (1,30m de large).
Aucun travail mécanique du sol -sinon un griffage en surface-, et plus aucun outil mécanisé (sauf parfois la tondeuse...).
Recours massif à des apports de matières organiques gratuites, issues de l’élagage/entretien de jardins : broyat de bois, tontes de gazon.

« Si on a rien à faire le week-end, on va au jardin »

- Historique :
Pierre a une formation d’ingénieur agronome.
Travail avec Emilia Hazelip sur une "ferme municipale" à Ramonville, pendant 8 ans.
Achat des terres à Lagardelle et lancement de la ferme en 1997 (achat 7 500 €/ha).
Début : fonctionnement plus classique, mécanisé.
Travail plusieurs années en GAEC avec un associé, jusqu’en 2006.
A partir de la fin du GAEC, changement de méthodes de culture : plus de mécanisation, arrêt du travail mécanique du sol.

- Approche :
« Être paysan c’est être opportuniste » : Recours à des gisements de matières organiques disponibles auprès de professionnels : broyat de bois, déchets de tontes, feuilles et branches.
Approche pragmatique pour ce qui est des méthodes de culture : essais, observations, ajustements.

- Contexte pédo-climatique :
650 mm de pluie par an. Contrainte climatique principale : terres inondables pour partie (lié à des aménagements du ruisseau voisin).
Sol limono-sableux avec environ 15 % d’argile. pH = 6,5.
10 cm de sol noir très enrichi puis profil homogène avec traînées noires descendantes.
Profondeur d’environ 70-80 cm puis lit de cailloux.

- Économie, organisation :
Volume d’activité = l’équivalent d’1,5 temps plein, réalisé à 2 personnes.
Nicole, maintenant à la retraite, travaillait comme physicienne à l’université de Toulouse.
Fonctionnement en AMAP depuis 2004 : 26 paniers (aujourd’hui à 24 €), contrats sur 30 semaines. Surplus vendus en plus du panier.
Les distributions rassemblent en parallèle d’autres producteurs (via des achats groupés ou d’autres contrats AMAP) : 15 paysans et 5 transformateurs y distribuent régulièrement.
Chiffre d’affaire total : 25 000 € / an ;
Charges très faibles : environ 7000 € / an (3500 € de MSA, et 3500 € d’intrants) ;
Revenu prélevé 18 000 € / an.

Échos de la présentation de la ferme autour du café :
- Économie de la ferme, paniers, organisation :

Chez Pierre Besse - Présentation : Paniers, économie de la ferme, organisation by Gr_Civam_Paca on Mixcloud

- Gestion des sols :

Chez Pierre Besse - Présentation 2 : Gestion des sols by Gr_Civam_Paca on Mixcloud

- Problèmes de l’année - courtilières, crues, grêle... :

Chez Pierre Besse - Présentation 3 : Problèmes de l’année - Courtilières, crues, grêle... by Gr_Civam_Paca on Mixcloud


- Gestion de la fertilité :

Travail du sol :
Aucun travail mécanique du sol depuis 2006, sinon un grattage en surface.
Organisation en planches permanentes pour la majorité des cultures.

Couverts végétaux : 
Peu d’engrais verts utilisés.
Favoriser les légumineuses dans les passe-pieds, et enherbement naturel laissé en inter-culture. Détruit au croc ou par occultation avec du plastique ou un mulch épais avant la mise en culture.

Amendements/apports organiques :. Parcelle aux apports astronomiques de broyat composté
Aucun autre apport que les matière organiques broyat/tonte/feuilles.
Apports énormes, d’environ 200 m3/an, avec 1/3 de broyat de bois, 1/3 de tontes, et 1/3 de feuilles

Gestion différente selon les parcelles
De plus en plus, les cultures se déplacent vers une parcelle (photos ci-contre) qui a accueilli d’énormes dépôts de broyat de bois d’élagueurs (tas de 1,80 m de haut estimé à plusieurs centaines de tonnes).
Compostage progressif, volume réduit de moitié en un an. Dès la deuxième année : cultures test de pommes de terre et de courges : succès important. Cultures remises en place les années suivantes.
Hauteur consommée au fil des années jusqu’à presque revenir au niveau du sol ; le reste a été épandu sur toute la surface. Mulchage régulier avec des tontes depuis.

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Tontes et broyat reçus de professionnels

L’apport de broyat de bois représenterait l’équivalent de 1 mètre (oui, un mètre) de hauteur de broyat qui a composté sur chaque m² de la parcelle.

Autres parcelles, bien moins amendées :
Généralement apportés : broyat de bois + tontes.
Épandage avant (plantation) ou après (semis) la mise en place.

Prudences :
La présence d’un mulch de broyat encore peu dégradé au début du printemps, a amené des faims en nutriments retardant ou faisant fondre les cultures.
Attention aussi sur des sols non réchauffés.


Mulch et blocage des éléments du sol (plus large que la faim d’azote ?) :

Chez Pierre Besse - Visite 1 : Mulch et faim d’azote (probablement pas que d’azote) by Gr_Civam_Paca on Mixcloud

Cycle des nutriments dans le sol, utilisation de l’énergie solaire :

Chez Pierre Besse - Visite 2 : Cycle des éléments by Gr_Civam_Paca on Mixcloud


Observation des sols sur différentes parcelles :

Chez Pierre Besse - Visite 3 : Observation des sols by Gr_Civam_Paca on Mixcloud

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Sol meuble des artichauts : 10 cm d’horizon enrichi
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Sol parcelle des oignons : "tu plantes là dedans ?"
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Sol sous bâche des courges


















- Matériel :
Outils principalement utilisés : le croc et d’autres outils à mail.
Houe maraîchère (sur roue, poussée) laissée de plus en plus de côté.

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Resemis de blettes

Grelinettes jetées à la benne.
Irrigation par aspersion et au goutte à goutte.
Bâches récupérées (pour paillage plastique des courges principalement)

- Rotations :
Plus aucune rotation n’est pratiquée.
La culture "plusieurs années de file" d’un même légume est assumée et ne semble poser aucun problème, ni de nutrition, ni de maladies/ravageurs, « à partir du moment où le sol est vivant et équilibré ». Exemple des courges : bâche d’ensilage récupérée puis étendue sur l’une des parcelles. Chaque année les courges sont resemées dans les mêmes trous, donnant des récoltes toujours aussi belles.
Certaines plantes se resèment, comme les blettes qui occupent un espace depuis une dizaine d’années (photo).

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- Certaines cultures en buttes
Buttes de terre au début ; puis constituées avec les abondantes matières organiques disponibles : branchages, tontes, broyat,... Elles ont été cultivées à partir de la troisième année. Le sol offert aux légumes est étonnant en porosité.


Constitution des buttes et culture :

Chez Pierre Besse - Visite 4 : Buttes de matières organiques by Gr_Civam_Paca on Mixcloud